Égalité des Chances pour les Femmes âgées


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Allemagne

1. Les initiatives

Environs 180 associations, services du secteur public et personnnes physiques ont été interrogés par téléphone afin de savoir qui mène une initiative en Allemagne par et/ou pour les femmes âgées, si l’initiative dépend d’un organisme ou si elle est autonome. Par la suite, 96 questionnaires, acompagnés d’une feuille d’information, ont été envoyés par voie postale à 65 destinataires. À ce jour, nous avons enregistré le retour de 50 questionnaires remplis dont 47 sont entrés dans le pool d’information.

En quête d’initiatives, nous avons appliqué le système « boule de neige » en suivant tout indication ou conseil fournis par des personnnes physiques, par les diverses institutions tant gérontologiques que féminines et par les représentations politiques concernées. Cette démarche a abouti à grossir nos listes.

Il s’est avéré lors des entretiens que le sujet - Égalité des chances pour les femmes âgées » - ne laissait guère indifférents nos interlocuteurs. Toutefois, si une partie d‘entre eux s’est montrée consciente des problèmes y afférents, d’autres n’ont identifié les femmes âgées comme groupe qui véhicule des besoins et problèmes propres qu’à travers l’entretien. Le fait est que l’amélioration de l’égalité des chances pour les femmes âgées figure rarement parmi les objectifs des initiatives, et, à notre grande surprise, ce sont notamment les organisations féminines (centres féminins et autres structures réservées aux femmes) qui prennent rélativement peu la femme âgée en considération. Plusieurs explications à cela sont possibles d’après nous ; elles sont brièvement exposées dans ce qui suit.

Les causes exogènes d’abord : il s’agit principalement du manque de moyens financiers qui frappe tout particulièrement les organisations féminines. De plus, celles-ci s’activent avant tout pour l’égalité des chances et des traitements des femmes dans le monde du travail, et ce sont par conséquent les femmes plus jeunes qui forment leur principal groupe-cible.

Les causes endogènes ensuite : le manque d’enthousiasme chez de nombreuses femmes âgées envers l’idée de restreindre leurs actions en les limitant aux seules femmes joue certainement un rôle important. Il est en effet vraisemblable que leur embarras à ce sujet revient à leur conviction que les besoins à satisfaire n’appartiennent pas uniquement aux femmes âgées et que, par ailleurs, ces dernières ne nécessitent pas d’espaces spécifiques. C’est ainsi que, par exemple pour les initiatives du domaine de l’habitat, elles incluent par principe les hommes et adhèrent a priori à l’idée de la mixité, quand bien même le projet émane uniquement de femmes. A contrario, ce ont plutôt les femmes, hier et/ou aujourd’hui engagées dans un mouvement féminin, qui s’accordent à penser que les femmes ont réellement des besoins et problèmes spécifiques ; indépandemment de l'âge qu’elles puissent avoir aujourd’hui, elles souhaitent poursuivre leurs activités et en faire profiter leurs congénères. Dans la mesure où la génération du « nouveau mouvement féminin » appartiendra progressivement au groupe des femmes dites âgées, il est permis de supposer un accroissement des actions initiées par et réservées aux femmes.

D’autres causes, enfin, relèvent de la difficulté à mobiliser le groupe-cible. Ainsi, dans le domaine de la formation continue, les universités pour tous ou les centres féminins n’arrivent-ils pas à attirer suffisamment de femmes âgées par leurs programmes. Les organisateurs constatent toutefois un intérêt prononcé chez celles déjà inscrites : elles souhaitent le maintien, voire l’élargissement, de cette offre.

2. La recherche documentaire

Cette recherche a abouti à 57 références bibliographiques concernant la femme âgée.

Le nombre relativement élevé de publications sur la sexualité de la femme âgée est frappant. L’objectif poursuivi par les auteurs est manifestement de générer une prise de conscience plus large dans ce domaine - objectif certainement souvent atteint - , mais aussi de ne pas réserver l’information aux seules femmes âgées : ces publications s’adressent également aux médecins et aux personnels de soins.

D’autres sujets largement abordés dans cette litérature, guides compris, concernent d’une part les modifications des conditions et modes de vie de l’Allemande âgée, et d’autre part les représentations et idées stéréotypées répandues dans la société. Là encore l’influence du mouvement féminin pour une nouvelle génération de femmes âgées est évidente.

3. Les mesures et programmes politiques

Ce sont plus précisément nos recherches sur l’Internet et nos entretiens téléphoniques qui mettent en évidence un certain vide en Allemagne à ce sujet. Hormis la récente revalorisation du coefficient relatif aux périodes de l’éducation des enfants, retenu pour le calcul de la pension retraite, aucun programme, aucune mesure politique, pas plus qu’une politique visant à l’amélioration de l’égalité des chances pour les femmes âgées ne semblent avoir vus le jour au cours des dernières cinq années.

Par définition, les aides financères accordées à un projet - telle la conférence internationale « Bien-venue au 3ème âge » (Cf. « initiatives »), tel aussi le programme de l’Union européenne pour l ‘amélioration des chances pour les femmes âgées - ne figurent pas sous cette rubrique, car à proprement parler, il ne s’agit pas de messures politiques

Certes, dans le cadre de la réforme en cours du système de retraite allemand, les femmes âgées et leur situation spécifique sont prises en compte, par exemple au niveau des périodes de l’éduaction des enfants dans les calcules de la pension retraite ; en effet, les préjudices financiers que connaissent les femmes retraitées ayant élévé des enfants seront progressivement réduits. Certes, d’autres décisions politiques en faveur pour les Femmes âgées, dont le recul de l’âgé légal de retraite et les modifications de la pension de réversion existent. Mais elles ne sont pas retenues ici parce que nous ne les considérons pas comme une amélioration de la situation pour les Femmes âgées ; cette politique, prise au nom du principe égalitaire, en fait, conduit le plus souvent à une détérioration de la situation des femmes concernées.

Des entretiens téléphoniques ont été menés dans tous les Länder de la République fédérale d’Allemagne pour interroger les services relatifs tant aux femmes qu’aux personnes âgées des ministères ou sénats sur leurs éventuels programmes et mesures en direction des femmes. Une première constatation, flagrante mais peu surprennante, à laquelle nous avons été amenées est l’incertitude quant aux compétences administratives. Le domaine politique compétent en matière de femmes âgées est soit « les femmes », soit « les personnes âgées » ; mais, confrontés à nos questions précises, les deux secteurs nous envoyaient l’un vers l’autre, finalement sans qu’auncun ne se sente concerné dans plusieurs cas. Nous en concluons que les femmes âgées ne constituent pas un groupe-cible des activités politiques des Länder non plus.

Si, selon les informations obtenues, au cours des cinq dernières années, il n’y a donc aucun Land de la République fédérale d’Allemagne qui a pris des mesures politiques qui s’adressent spécialement aux femmes âgées, il n’en reste pas moins que quelques ébauches existent. C’est ainsi que l’on peut citer le ministère de la Culture, de la Jeunesse, de la Famille et des Femmes du Land de la Rhénanie-Palatina pour avoir élaboré un projet en faveur des immigrées âgées, encore que celui-ci ait été finalement victime de restrictions budgétaires. On peut encore citer le ministère des Femmes, du Travail, de la Santé et des Affaires sociales du Land de la Sarre pour sa campagne d’information de 1997 : tout le mois d’octobre fut principalement consacré aux femmes âgées.

Ce serait encore au niveau communal qu’existe le plus de projets. Ici, des aides sont accordées par exemple dans les domaines de l’éducation et de la formation permanente, de l’habitat et de l’information. Par exemple le comité contre la violence envers les femmes âgées du Schleswig-Holstein, accueilli à Kiel dans les locaux du service communal des femmes, a réalisé dans cette ville, le 8 mai 1999, une journée d’action et d’information intitulée « Violence vis-à-vis pour les Femmes âgées ». Nous regrettons ne pas avoir pu obtenir des renseignements précis sur ces deux initiatives. Mais d’autres actions communales figurent dans le pool d’information.

Angela Joost, ISIS
Francfort-sur-Main, Septembre 2000

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France

Le recueil des données françaises s’est déroulé entre le début du mois de décembre 1999 et la fin du mois de juillet 2000.

1. Initiatives

En France, la recherche d’initiatives s’est avérée difficile et, finalement, peu fructueuse.

Dans un premier temps, environ 200 organisations et associations ont été contactées par téléphone pour connaître celles qui mènent des programmes ou actions répondant aux critères de séléction des présents travaux1. Les listes utilisées proviennent principalement des banques de données du CNIDFF (Centre National d’Information et de Documentation des Femmes et des Familles) et du CLEIRPPA (Centre de Liaison, d’Étude, d’Information et de Recherche sur les Problèmes des Personnes Agées). Nous nous sommes volontairement abstenues de limiter ces listes au seul secteur gérontologique, et avons ainsi interrogé une large gamme d’organisations et d’associations : organisations féminines, organisations féministes, représentations des femmes en général, représentations des femmes au sein des différentes Églises, associations de femmes immigrées, d’agricultrices, d’épouses de militaires et d’autres professions, associations de veuves et veuts, représentations des personnes âgées ou retraitées, divers services et associations œuvrant pour le retour à l’emploi des femmes et des hommes, des services pour les sans-abri ou encore plusieurs centres départementaux du CNIDFF.

Ce n’est que dans de rares cas que la réponse fut positive, et la plupart des entretiens téléphoniques n’ont donc pas abouti à l’envoi du questionnaire destiné aux seules initiatives pour les femmes âgées de 50 ans ou plus.

Les caisses de retraite complémentaire étant tenues à constituer un fonds social, il était permis de supposer que certaines d’entre elles entreprennent des actions spécifiques pour leurs ressortissantes âgées2. Toutefois, cette hypothèse ne s’est pas vérifiée : manifestement les caisses de retraite complémentaire ne mènent pas d’initiatives en faveur des seules femmes âgées.

Quant aux centres départementaux du CNIDFF, force est de constater que, partout en France, ils s’affairent efficacement pour aider les femmes à travers leurs conseils individuels et leurs programmes destinés à (re)trouver un emploi ; mais rares sont les demandes de femmes ayant atteint l’âge de 50 ans.

Les associations locales de la FAVEC3 elles-mêmes n’entreprennent pas d’actions réservées aux femmes.

Nous avons également recherché des groupes informels de femmes d’entraide, fréquents par exemple en Allemagne et Autriche et classées en self-help groups ; là encore notre recherche est restée infructueuse.

On peut constater de façon générale pour la France qu’une multitude d’initiatives existe aussi bien par et pour les femmes que par et pour les personnes âgées, mais que peu d’entre elles s’adressent expressément aux femmes âgées : lorsque l’initiative concerne les femmes, elle ne retient pas le critère âge, et lorsque’elle concerne les personnes âgées, l’initiative s’adresse aux deux sexes.

Le succès bien limité trouve diverses explications.

Par principe, notre choix des initiatives a été limité à celles qui s’adressent expressément aux femmes ägées d’au moins 50 ans. De plus, conformément au planning des travaux, nous avons arrêté le recueil de données à la fin du mois de juin 2000 et ne l’avons pas repris à la rentrée.

Une deuxième explication du « désintérêt relatif » à l’égard pour les Femmes âgées réside probablement dans le fait qu’une des toutes premières causes des inégalités revient au système de retraite : toutes les inégalités que connaissent les femmes au cours de leur vie active (inégalité des salaires, travail à temps partiel fréquent, périodes chômées pour des raisons familiales, de durée et de fréquences variables, accès difficile et exceptionnel aux postes de décision, etc.) sont transposées dans la retraite et se reflètent dans les pensions plus faibles que celles des hommes. Plusieurs de nos interlocuteurs des entretiens téléphoniques précités, laissaient entendre une certaine résignation, comme si toute lutte contre le système de retraite - très valorisé par ailleurs - était perdue d’avance. L’image persistante de la fragilité de la personne âgée (fragilité pour ainsi dire « par définition », sinon « donnée par la nature ») s’y mèle, semble générer de la résignation et entraver toute éventuelle lutte.

Une autre explication semble résider dans la politique sociale de la France : celle en faveur des personnes âgées, dont les début remontent aux années 60, a été progressivement évincée par les conséquences sociales de la crise du marché du travail. Cela se justifie par ceci : les conditions de vie materiélles (revenus, conditions de logement par exemple) de la population âgée, femmes comprises, ont connu une amélioration considérable - fait qui conduit d’ailleurs les médias à répéter sporadiquement l’information (juste) que, globalement, le revenu moyen des personnes âgées est aujourd’hui supérieur à celui des foyers plus jeunes. Pendant plusieurs décénnies, les personnes âgées comptaient - également au regard de la politique sociale - parmi les plus défavorisés ; mais les améliorations progressives de leur situation d’une part, et le chômage très élevé d’autre part, ont transféré cette triste priorité sur d’autres couches sociales.

Diverses autres raisons du « désintérêt relatif » à l’égard de la femme âgée peuvent être évoquées : le retrait généralisé des organisations féministes après leur lutte intense des années 70 ; les stratégies généralisées des pouvoirs publics pour réduire les dépenses sociales qui touchent plus particulièrement les petites associations, dépendantes d’une subvention d’État, contraintes à reduire leurs activité ou du moins dans l’impossibilité de les élargir (par exemple sur les femmes âgées) ; les difficultés à recruter des bénévoles ; les pratiques égalitaires de l’aide aux personnes âgées, ne favorisant ni l’homme ni la femme.

Par conséquent, la France n’apparaît dans le pool d’information qu’avec 15 initiatives.

2. Litteratur - Résultats de recherche

La recherche documentaire a été menée essentiellement dans la bibliothèque du Cleirppa, à l’époque propriétaire de la documentation sociogérontologique la plus complète en France. Nous avons également interrogé plusieurs employés de ce centre sur leurs connaissances d’ouvrages ou de travaux de recherche éventuellement absents de cette bibliothèque. Enfin, la recherche documentaire a porté sur certaines pulications de l’INED4 et de la DREES et sur certaines publications sur l’Internet.

Les résultats les plus marquants de cette recherche documentaire sont : Comparée à d’autres domaines de la gérontolgie, la femme âgée occupe une place mineure dans la littérature, la recherche et les études sociogérontologiques, et ici, contrairement au Royaume-Uni notamment, publications et recherche féministes sont absentes. Ce dernier point s’est vérifié par notre recherche infructueuse d’initiatives féministes5.

Les thèmes concernant les femmes âgées sont diversifiés : sexualité et séduction, maintien de la forme physique, bien-être psychique, image positive de soi, veuvage, droits de la femme et ses acquis en la matière, sortie du marché du travail et départ à la retraite, conséquences sociales et sociologiques de la croissance de l’espérance de vie également à des âges supérieurs et sa signification pour la vie pour les Femmes âgées, amélioration de la situation matérielle, nouveaux comportements consécutifs à l’augmentation du nombre des vivant-seules, causes de surmortalité des personnes veuves, rareté des femmes dans les instances politiques (occupées par les hommes), santé dont notamment la ménopause, l’ostéoporose et les fractures osseuses, les troubles du someil)…, pour ne nommer que les thèmes les plus fréquents.

Cinquante-trois analyses documentaires - articles, livres, thèses, mémoires, rapports d’études et de recherche, actes, guides… - sont entrées dans le pool d’information pour la France (littérature et recherche d’autres pays franco-phones ont été systématiquement exclues).

La plupart des travaux de cette partie ont été arrêté à la fin du mois de mai 2000 en raison de la fermeture temporaire du centre de documentation précité.

3. programmes politiques

Les dix programmes et textes légaux retenus concernent en priorité l’amélioration de la situation financière.

Force est de constater que la législation française ne permet plus guère l’adoption ou le maintien de textes et de mesures favorisant - ou discriminant - l’un ou l’autre sexe. C’est ainsi que par exemple la pension de réversion, initialement créée pour les seules veuves, de droit, à due être élargie aux veufs, mais de fait, la très large majorité des bénéfiiaires restent toujours les femmes.

La recherche de programmes et mesures politiques s’est essentiellement faite dans la bibliothèque précitée, sur Internet (pages des ministères concernés), dans la presse quotidienne (Le Monde) et dans la presse de la législation sociale.

4. Resumée des travaux de recherche

Les recherches dans les trois domaines choisis - initiatives, littérature et mesures politiques - ont mis en évidence que ni la problématique des femmes âgées en général ni l’égalité entre femmes et hommes âgés en particulier ne comptent parmi les sujets d’actualité.

Ce sont plus particulièrement les conséquences sociales de la crise du marché du travail qui les repoussent vers l’arrière plan des actuelles préoccupations tant politiques qu’associatives. Il est intéressant que politiques et initiatives en direction des femmes concernent en priorité les plus jeunes, par exemple pour améliorer leurs conditions de travail (rémunération identique pour un travail identique, mêmes possibilités d’accès aux postes supérieurs et à la formation continue…). Quand bien même ces mesures et initiatives a priori ne visent pas à contrebalancer les désavantages des femmes âgées - issus du système de retraite et qui ne sont que le reflèt de ceux subis au cours de la carrière - , force est de reconnaître que ces mesures, posées en amont, s’attaquent aux causes mêmes des inégalités et qu’elles auront pour conséquence à long terme la diminution de celles-ci, voire éventuellement leurs disparition.

Mais d’autres raisons sont à l’origine du faible intérêt accordé aux femmes âgées, dont notament l’amélioration généralisée des conditions matérielles de vie de la population âgée qui ne peut plus être considérée comme globalement défavorisée bien que certains groupes n’aient toujours que de failes revenues, telles les femmes âgées ayant une carrière incomplète ou n’ayant pas acquis de droits propres, tels les anciens salariés agricoles.

Nous retenons qu’une multitude d’initiatives existe en France aussi bien par et pour les femmes que par et pour les personnes âgées, mais qu’une faible partie d’entre elles concernent expressément les femmes âgées : lorsque les femmes sont le groupe-cible, l’initiative ne considère pas le critère d’âge et lorsque les personnes âgées sont le groupe-cible, l’initiative s’adresse et aux femmes et aux hommes.

Quant à la recherche appliquée et à la littérature du domaine gérontologique, là encore la femme âgée n’a pas de priorité et, contrairement au Royaume-Uni, la recherche féministe gérontologique, en France, est absente.

En conclusion…

Pour accélérer le processus en faveur d’une réélle égalite des chances pour les femmes âgées, il paraît opportun que les associations féminines et féministes d’une part, et les associations des personnes âgées ou retraitées d’autre part, découvrent la femme âgé avec la spécificité de ses difficultés qui, en majeure partie, découlent de sa situation financière.

Pour réduire les inégalités - flagrantes au niveau des pensions retraite au détriment des femmes - on pourrait s’inspirer d’un dispositif de la législation allemande (réforme de 1972 mais modifiée depuis) qui contrebalance partiellement, a posteriori, la discrimination salariale ancienne des femmes (rémunérations inférieures à celles des hommes) : les assurées justifiant de 25 années de cotisations sociales d’avant 1973, bénéficient d’une majoration du salaire de base pour le cacul de la retraite ; cette mesure rehausse considérablement le montant de la pension.

Pour faire avancer leur situation particulière, les femmes âgées elles-mêmes devraient se mobiliser davantage mais, comme dans d’autres pays européens, c’est la constitution d’un groupe de pression féminine - à l’image des groupes de lutte d’antant contre la discrimination féminine - qui fait manifestement le plus défaut aux Françaises âgées.

de senectute - H. Jani-Le Bris
28.09.2000, Ville d’Avray

1 Initiatives en faveur pour les Femmes âgées d’au moins 50 ans.
2 Dont notamment les bénéficiaires d’une pension de réversion.
3 Fédération des Associations de Conjoints survivants. Notre partenaire dans ces travaux.
4 Institut Nationale d’Études Démograpiques.
5 Nous avons constaté ces mêmes déficits à l’occasion d’une récente recherche sur les activités et loisirs pour les Femmes âgées.

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Autriche

Avant d’écrire plus en détail les circonstances et expériences de nos travaux de recherche, notons en préambule quelques données.

364 associations et organisations ont été contactées par écrit pour les solliciter de contribuer à la réalisation de ce projet. 45 ont répondu, les unes prêtes à remplir le questionnaire, les autres désireuses d’obtenir des informations complémentaires. Jugeant ce taux de réponses trop bas, nous avons relancé par téléphone toutes les associations et organisations restées sans réponses à notre premier courrier.

Le 15.08.2000, nous disposions de 26 questionnaires remplis et 42 analyses documentaires étaient saisies. En revanche rien n’a pu être retenu dans la partie consacrée aux programmes politiques (Cf. infra).

1. À la recherche d’initiatives et d’organisations

La liste des organisations a été établie à partir de notre propre banque de données, d’adresses trouvées sur l’Internet et par la pré-enquête. C’est ainsi que nous avons abouti à une grande diversité d’organisations, a priori concernées par nos travaux : grandes fédérations, administrations, chargées de mission de la condition féminine aussi bien que des personnes âgées et une multitude de petites initiatives et d’associations.

Le désintérêt - ou le manque de sensibilité - à l ‘égard du sujet de recherche dont organisations de femmes et organisations de personnes âgées font preuve, figure parmi les résultats les plus surprenants. Il peut s’expliquer par le fait que les organisations représentant les intérêts des femmes sont généralement dirigées par des femmes jeunes, et que le sommet décisionnel des organisations représentant les personnes âgées est plutôt investi par des hommes. Cela revient à dire que les organisations dont l’importance et le grand nombre d’adhérents permettraient plus facilement un engagement, y compris d’ordre financier, dans une action pour les femmes âgées, en fait ne montrent qu’un intérêts bien modéré à leur sujet ou se sont pas fixé d’autres priorités à l’issue des élections autrichiennes du Conseil national, en automne 1999.

Les petites associations et les individus interrogés déclarent volontiers leur intérêt pour les femmes âgées mais, conjointement, annoncent leur manque de moyens pour entrer en jeu.

Un problème d’identification s’y greffe encore : plusieurs initiatives et organisations inscrites sur nos listes pour leur type d’activités se sont heurtées à la difficulté à se situer dans le champ de l’égalité des chances pour femmes âgées car l’expression âgée est facilement entachée d’une connotation négative dans ce contexte et par conséquent de préférence laissée de côté.

2. Manque de programmes politiques en Autriche

À l’instar de la recherche de programmes politiques en Allemagne, celle en Autriche n’a pas été fructueuse non plus. L’une des causes relève de la définition retenue pour ces travaux car elle ne considère pas les actions ou manifestations isolées politiques comme « programme politique » : c’est dans la partie « initiatives » que ces actions entreprises par des acteurs politiques - tel le séminaire « les femmes atteignent un âge plus élevé » du ministère des Femmes1, telle la campagne « 60 + » du secrétariat à la Femme du gouvernement du Land de Salzbourg - sont retenues.

Force est de constater à l’issue de nos recherches, que dans le domaine de la femme âgée très peu de mesures systématiques ou de longue durée existent, tant au niveau politique qu’administratif. Les mesures politiques adoptées en Autriche pour favoriser l’égalité des chances des femmes concernent en priorité les conditions égalitaires sur le marché du travail et dans les domaines indissociables de celui-ci (garde des enfants par exemple). Il en découle en toute logique que les syndicats et autres réprésentants des travailleurs, au mieux, accordent une attention bien faible à la problématique spécifique pour les Femmes âgées.

3. Recherche documentaire

42 analyses documentaires - livres, rapports de recherche et diverses autres publications - ont été entrées dans le pool d’information. Ce nombre élevé est le fruit d’une modification méthodologique introduite à l’ssue de nos difficultés des débuts. Dans un premier temps, nous avions en effet limité les recherches (dans plusieurs bibliothèques et sur l’Internet) aux seules références bibliographiques autrichiennes, pour constater en fin de compte le manque d’ouvrages dans le domaine concerné. En accord avec l’instance responsable de ces travaux européens, nos recherches ont été élargies sur les ouvrages germanophones et alors elles ont été couronnées de succès.

La recherche documentaire fait apparaître la prédominance d’ouvrages relatifs à la santé et la présence de nombreux récits fondés sur le vécu du vieillissement. En revanche, il n’y a pas d’enquêtes scientifiques sur la situation pour les Femmes âgées en Autriche, ce qui laisse supposer d’importants besoins en matière de recherche à ce sujet.

4. Resumee des travaux de recherche

De façon générale, les organisations et associations contactées nous ont parues plutôt déroutées par nos questions, et, à l’évidence, la plupart des grandes organisations n’entreprennent rien de spécifique en faveur de l’égalité des chances pour les femmes âgées. On ne peut exclure que cela revienne au refus de considérer celles-ci « à part », tout comme il est possible de l’attribuer au fait que notamment les organisations des personnes âgées considèrent que du fait de la forte prédominance feminine parmi leurs adhérents elles oeuvrent déjà suffisamment pour les femmes âgées.

Malgré toutes les difficultés rencontrées lors du recensement d’organisations répondant à nos critères de sélection, finalement 26 initiatives ont pu être entrées dans le pool d’information, un résultat non négligeable pour un pays qui ne compte que 8 millions d’habitants.

Nous avons également pris contact avec des personnes physiques, encore isolées pour l’instant mais prêtes à engager ultérieurement une action. Pour l’heure, le manque de ressources et de travail en réseau entravent l’élan des initiatives. La tentative de l’ancien ministère des Femmes de favoriser la création de réseaux est restée sans lendemain après deux manifestations en 1999 ; la cause réside probablement dans la restructuration du gouvernement autrichien.

Enfin, l’hétérogénéité du groupe pour les Femmes âgées ne saurait être négligée car elle ne permet pas que toutes les organisations défendent les mêmes intérêts.

Pour conclure, nous pouvons constater que de nombreuses associations et organisations, jusqu’alors peu concernées par la femme âgée désormais y sont sensibilisées grâce à nos travaux. Eu égard à nos entretiens avec des décideurs, il est permis de penser que bien d’autres organisations que les 26 recensées puissent la prendre en considération dès lors que les travaux sur l’égalité des chances pour les femmes âgées seront poursuivis dans l’avenir.

C’est pour cela que les démarches suivantes nous paraissent de première importance :

Le site Internet www.sophia-net.org devrait être régulièrement acualisé et alimenté de nouvelles données pour qu'il puissent remplir les fonctions d'une véritable plate-forme pour les femmes.
Des manifestations visant à l’information en rapport avec ce site Internet devraient être organisées en Allemagne, en Autriche et en France, car elles pourraient inciter les différentes associations, initiatives et organisations à se constituer en réseau.
La recherche dans ce domaine est parcimonieuse, notamment en Autriche. Mais les présents travaux fournissent une excellente base pour la poursuite de cette recherche : les contacts les plus importants sont d’ores et déjà établis, les fondements sont posés par le pool d’information et une meilleure compréhension est amorcée quant à la nécessaire amélioration de l’égalité des chances pour les femmes âgées.

Michael Stadler-Vida, Charlotte Strümpel, Angela Wenig
Europäisches Zentrum für Wohlfahrtspolitik und Sozialforschung, Wien
Septembre 2000

1 Ministère qui n’existe plus aujourd’hui.

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2000-12-12