| Résumé : Cet ouvrage, riche en renseignements sur la condition féminine tout au
début des années 90, constitue une analyse complexe de la situation de la Française
âgée d'au moins 60 ans ; les comparaisons quasi systématiques aux hommes mettent
clairement en évidence les différences, par constat objectif, sans parler ni
d'égalités ni d'inégalités entre les sexes.
Nous en retenons ici surtout les modifications sociétales au féminin. Si
traditionellement les femmes à partir de 60 ans avaient pour l'essentiel des
"préoccupations domestiques et les soucis liés à la vieillesse, c'est-à-dire la
santé et les ressources", de nouvelles tendances se dégagent au début des années
90 : une nouvelle génération de femmes arrive à la retraite car un nombre croissant a
acquis des droits propres à une pension de retraite à taux plein ; ces femmes dissocient
la cessation définitive d'activité professionnelle de la vieilesse. Contrairement à
leurs mères, les femmes de 55 ans dissocient dans de forte proportion (83%) leur
réussite en tant que femme de la vie conjugale et, bien que moindre (54%), du fait
d'avoir des enfants, mais elles associent et identifient la réussite de leur vie de femme
à leur vie professionnelle. Interrogées sur les grands changements dans la vie des
femmes, elles placent la contraception en tête de liste, suivie de l'équipement
technique les débarassant des servitudes des tâches domestiques et donnant accès à des
activités plus intéressantes. Quant à la vie amoureuse, elles situent les changements
surtout au niveau de la perte de l'importance accordée à la virginité et au niveau de
l'importance accordée au plaisir sexuel. Changements encore quant à l'influence de
l'Eglise sur leur vie ; certes, plus les femmes sont âgées, plus elles restent fidèles
au concept religieux qui leur avait été inculqué, mais seuls 13% des femmes (60ans et
plus) se disent pratiquantes, une majorité pense que l'Eglise n'a pas contribué à
l'amélioration de la condition féminine ou seuls 4% accordent une importance à l'Eglise
quant aux choix de leur vie sexuelle.
Selon une enquête représentative des Français de 50 ans et plus (1991), les femmes
sont conscientes des risques auxquels elles sont exposées bien plus que les hommes :
Interrogés sur leurs "peurs", hommes et femmes aboutissent grosso modo à une
même hiérarchie des 7 sujets abordés, mais les femmes sont toujours plus nombreuses à
s'en sentir concernées ; elles pensent aussi plus souvent à leur mort. Leurs premiers
sujets de préoccupation sont l'infirmité, la maladie et les agressions. L'inutilité
dans la vie et les problèmes financiers n'aparaissent pas comme sujet d'angoisse (près
de la moitié déclarent par ailleurs leurs revenus de retraite insuffisants pour mener
une vie décente - 40% des hommes en disent autant des leurs -, et 44% des femmes encore
en activité pensent que leurs futures pensions de retraites seront insuffisantes). Le
besoin d'être utile, les femmes le satisfont avant tout à travers le relationnel (petits
enfants, enfants, voisins, amis), répondant ainsi conjointement à leur besoin de
communication (chez les hommes, c'est l'activité associative qui prime).
Dans l'ensemble, les résultats des différentes enquêtes citées dans l'ouvrage
soulignent l'évidente hétérogénéité du grand groupe des femmes dites âgées. |