| Résumé : "S'habiller, comme se maquiller ou se coiffer, n'est-ce pas vouloir
exister et offrir une image désirable de soi au regard des autres ? S'en désintéresser
témoingne d'une incapacité d'adaptation, d'un retrait ou d'un deuil social et affectif.
Le sens d'une consommation vestimentaire active n'est-il pas, pour la personne âgée,
celui d'un maintien vital du paraître, témoin de sa santé psychologique, de son désir
de sédution et de relation, pour ne pas disparaître socialement bien avant l'heure
?" L'auteur observe que "ces vieilles, toujours vêtues de noir, tristes et
dignes veuves égrenant leurs années de deuil dans une pauvreté et une solitude,
survivance d'un monde rurale", appartiennent aux images passées, le noir du
vêtement étant devenu séducteur et suggère, dans les images urbaines, jeunesse du
corps, minceur, modernité et sert à la femme d'âge mûr ou avancé dans sa "quête
d'un nouvel épanouissement de sa féminité". La baisse des dépenses pour
l'habillement qui caractérise les plus de 50 ans, est surtout le fait de hommes, -46%,
contre -26% chez les femmes, celles-ci étant davantage attachées à la fonction de
séduction du vêtement. Parmi les femmes d'au moins 50 ans, le budget habillement moyen
annuel (1995) par tête atteint son sommet dans la tranche d'âge 50 à 54 ans où les
dépenses sont quatre fois plus élevées qu'à 75 ans et plus et il baisse fortement à
partir de l'âge de 70 ans. Cette évolution avec l'âge a plusieurs phénomènes pour
explication, tels que la baisse du pouvoir d'achat avec le départ à la retraite, le
veuvage féminin, l'influence complexe du cycle de vie ou encore l'effet de génération
et l'insufisance d'une offre vestimentaire adaptée aux nouveaux goûts et comportements
de la femme âgée. Il faut s'attendre, selon l'auteur, à un fort développement
notamment de la consommation féminine, mais alors l'offre devra "nécessairement
proposer aux femmes un autre modèle" de la femme dite âgée, répondant à son
besoin vital de séduction, antidote d'une régression psychologique et d'une mort
sociale. |