| Résumé : Les auteurs analysent les effets sociologiques, sociaux et sociétaux de la
croissance de l'espérance de vie à un âge élevé. "Avec l'éloignement de
l'horizon de la mort, lorsqu'après un divorce ou un veuvage on se retrouve seule à 50
ans, il est logique d'échafauder de nouveaux projets de vie et d'envisager de se
remarier. Ajourd'hui, à cet âge, un homme peut espérer vivre en moyenne 27 ans, une
femme 33 ans, soit plus que la durée moyenne des premières unions." La réprobation
du remariage de la veuve âgée ou d'âge mûr s'est amoindrie : "elles ne se doivent
plus d'être inconsolables et de vivre dans la mémoire de leur défunt mari" ; parmi
les autres facteurs rendant plus acceptables "ces nouvelles unions à un âge
tardif", les auteurs citent le "décloisonnement des rôles attribués à chaque
sexe, une plus grande spontanéité dans les rapports sociaux" et l'entrée massive
des femmes dans la vie professionnelle, génératrice de contacts. Nonobstant, le
(re)mariage à cet âge reste rare (moins de 16 mille cas en 1994) et la probabilité
nuptiale pour les femmes est faible (1% entre 50 et 54 ans, inférieur à 1 femme s/1000
à partir de 65 ans) ; outre la propension de l'homme de chercher pour épouse plus jeune
que lui (8 s/10), "il est vrai que la structure du marché matrimonial leur est
préjudiciable (...). Si elles sont 1,25 pour 1 homme à 50-54 ans, on en compte 4,15 à
75-79 ans." Et l'union libre ? Durant les 30 dernières années, les adeptes
féminins de ce mode de vie en couple ont triplé, mais là encore leur comportement est
bien plus retenu que celui des hommes. Les caractéristiques qui facilitent le remariage
sont aussi celles qui facilitent l'union libre :"être un homme plutôt qu'une femme,
être dans la cinquantaine plutôt que dans la soixantaine, être divorcé plutôt que
veuf (...). Ainsi 33,4 % des hommes divorcés de 50-54 ans vivent en union libre, contre
seulement 7,7% des femmes veuves de 60-64 ans." |