| Résumé : Selon l'auteur, "la capacité de sortir de chez soi est un indicateur
privilégié de l'autonomie des personnes âgées, et marque souvent la différence entre
(...) le 'troisième' et le 'quatrième' âge. (...) L'étude des déplacements et des
activités pratiquées en dehors du domicile (...) constitue un moyen privilégié pour
appréhender la manière dont les individus vivent leur retraite au quotidien et
s'intègrent dans leur environnement." La typologie que l'auteur présente, et qui
est fondée sur plusieurs enquêtes en milieu urbain auprès des 60 ans et plus, confirme
la forte hétérogénéité de la population âgée ; elle montre de grandes divergences
comportementelles en fonction du sexe, de l'âge et de la couche sociale. Ainsi, deux
groupes de femmes cumulent un nombre élevé de sorties quotidiennes : sorties en voiture
(ou en transports publics à défaut d'avoir - ou de pouvoir conduire - une voiture
personnelle) pour celles vivant en banlieue, sorties à pied pour celles qui habitent
plutôt le centre ville ; résider dans un quartier animé et central facilite évidemment
les sorties, à pied notamment, et a des effets stimulant sur la mobilité de proximité.
A l'opposé, les femmes de deux autres groupes qui quittent nettement moins souvent leur
domicile et qui se déplacent de préférences en voiture, mais conduites par leur mari :
ces femmes se caractérisent par un haut niveau d'éducation et de revenus ; parmi elles
on trouve cependant un sous-groupe qui aime aussi se déplacer à pied. La grande
différence par rapport aux hommes réside dans la faible fréquence des femmes de
conduire une voiture ; cela est renforcé par le fait que les femmes mariées, pourtant en
possession de leur permis de conduire, se conforment généralement aux rôles et
habitudes établies qui veulent que, des deux, c'est le mari qui prend le volant. D'autres
différences de comportements entre hommes et femmes apparaisent au niveau des motifs de
sorties : les femmes sortent surtout pour les courses et pour rendre des visites, les
hommes pour vaquer à leurs activités associatives ou culturelles, pour aller en
promenade ou au restaurant.
Selon l'auteur, ces faits vont évoluer en faveur d'une plus forte motorisation, y
compris des femmes, au détriment du déplacement à pied de proximité. Les achats dans
le commerce de proximité et les achats quotidiens vont en diminuant, les distances en
milieu urbain s'étendent, et les femmes qui vont arriver à la retraite auront l'habitude
de conduire, voire de posséder elles-mêmes une voiture. |