Égalité des Chances pour les Femmes âgées


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Auteur(s) : Thierry, Xavier
Titre : Risques de mortalité et de surmortalité au cours des dix premières années de veuvage
Type de literature :
Article
Revue : Population , N° 2 - mars/avril 1999 , p. 177 - 204
Éditeur : INED (Institut National d'Etudes Démographiques), Paris, France
Langue :
Français
Résumé :

Les hommes meurent plus tôt que les femmes ; les mariés vivent plus longtemps que les célibataires, et cela est bien plus vrai pour les hommes que pour les femmes. Partant de ces faits démographiques établis, l'auteur pose la question : Qu'en est-il en cas de veuvage ? Sa recherche apporte la preuve de l'effet "immédiat et un peu plus brutal pour les veufs que pour les veuves". La probabilité de mourir dans la première année du veuvage est forte, notamment pour les hommes : la mortalité des veufs récents dépasse de plus de 80% celle des hommes mariés, la mortalité des veuves récentes est moindre, mais quand même de 60% par rapport aux femmes mariées. Les causes de ce phénomène ne sont pas exclusivement dues au veuvage, montrant combien le contexte et complexe, car certaines causes sont inhérentes non pas à l'individu mais au couple. Celui-ci est exposé "à des risques communs liés au mode de vie, aux ressources, aux consommation et habitudes alimentaires, au tissu relationnel, etc.", déterminants des risques de mortalité pour les deux époux ; le décès dans la première année de veuvage peut donc être dû aux risques du couple, c'est-à-dire que l'époux survivant serait décédé de toute façon à la même époque, peu importe qu'il ait été encore marié ou déjà veuf. Il n'empêche, selon l'analyse de l'auteur, que pour les deux sexes "le veuvage entraîne des risques spécifiques, consécutifs au changement d'état (choc du veuvage, difficultés d'adaptation immédiate au nouvel état et au nouvel environnement,...) ou, plus généralement, lié à la condition de veuf (disparition de l'effet protecteur du mariage, isolement et appauvrissement du réseau relationnel, complication des tâches de la vie quotidienne,...)". Quant aux différences du vécu du veuvage chez l'homme et chez la femme, "le choc du veuvage serait plus éprouvant pour les femmes perdant tardivement leur conjoint, tandis que le deuil masculin serait plus difficile à surmonter lorsqu'il survient plus jeune, aux alentours de l'âge de la retraite". Il semble par ailleurs que la surmortalité des veufs et veuves s'estompe avec le temps : plus le décès du conjoint s'éloigne, plus le risque de surmortalité baisse ; mais la complexité des phénomènes impliqués d'une part, et le manque de statistiques nécessaires à une analyse très fines ne permettent pas d'affirmer avec certitude que les femmes veuves soient plus que les hommes "protégées" par rapport à la mort.

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2001-04-25