| Résumé : L'article se fait écho des résultats d'une étude longitudinale (1990 et
1995) du ministère de l'Emploi (Dares) réalisée auprès d'environ 21 000 personnes,
âgées entre 37 et 52 ans en 1990, mettant en évidence que les troubles du someil
affectent davantage d'une part les femmes et d'autre part les travailleurs âgés.
"En 1995, 38% des femmes salariées de 42 ans et 56% de celles de 57 ans déclarent
au moins un trouble du sommeil (difficultés à s'endormir, éveils précoces, prises de
somnifères...), contre respectivement 35% et 50% de leurs collègues masculins. (...) Les
troubles du sommeil affectent plus particulièrement ceux qui travaillent en horaires
décalés. (...) La proportion des personnes présentant des troubles du sommeil "
aggravés " (au moins deux troubles) est, elle aussi plus forte chez les femmes et
les salariés les plus âgés : respectivement 17% et 26% de troubles aggravés chez les
hommes de 42 et de 57 ans, et respectivement 22% et 34% chez les femmes. (...)
L'exposition, actuelle ou passée, aux horaires décalés (très matinaux, tardifs ou
nocturnes) dans le travail constitue un facteur aggravant, quels que soient l'âge, le
sexe ou la catégorie de salariés. A 57 ans, les troubles aggravés touchent environ 30%
des hommes et 40% des femmes actuellement ou anciennement en horaires décalés." Les
troubles du someil ont des conséquences sur l'emploi puisqu'une partie importante des
personnes ayant déclaré en 1990 en souffrir, en 1995 se trouvent au chômage. "Ce
qui, selon la Dares, confirme les conclusions d'autres études selon lesquelles " des
déficiences légères de la santé ou de l'état fonctionnel des salariés (troubles du
sommeil, moindre capacité respiratoire...) présentent une forte relation avec la
probabilité de perte d'emploi dans les années qui suivent ". Il faut, selon la
Dares, y voir plutôt une relation de fait entre les critères de sélection (tendance à
garder les salariés qui ne "posent pas de problème") et certains aspects de la
santé ne relevant pas de maladies constituées. Par ailleurs, les salariés concernés
éprouvaient sans doute, dès 1990, des inquiétudes pour leur avenir professionnel.
[Dares, Premières synthèses n 23.2, juin 1999]." |